mercredi 7 juin 2017

Alain Juppé, un traître ? Un enflure ? Les deux ? Au choix.

Le 07/06/2017



Depuis le temps qu'Alain Juppé patauge dans le marigot de la politique française, on s'imagine bien le connaître. Et puis, on s'aperçoit que non, pas tout à fait, l'homme n'en finit pas de surprendre.
Tenez, saviez-vous qu'en 1969 lors de la présidentielle, trouvant que Pompidou était trop mou, il vota pour Alain Krivine le fondateur de la Ligue Communiste, dissoute en 1973 parce que trop violente (avant de renaître sous le nom de Ligue Communiste Révolutionnaire)...
Quand même !Normale-Sup, Science-Po, Ena, Young Leader (comme Belkacem et tant d'autres politciens), tout pour réussir...

Ceci dit, une fois qu'il prit de la bouteille, l'homme finit par choisir son camp, celui de la droite molle, consensuelle, ouverte à la diversité et islamo-compatible.
Des débuts en politique difficiles puisqu'il fut battu deux fois de suite par la gauche (1978 et 1979) dans les Landes, son fief familial.
Déçu, il décide de monter à Paris et se met au service de Jacques Chirac qui verra en lui le "meilleur d'entre nous" et lui donnera la main pour se faire élire aux municipales dans le 18ème arrondissement de la capitale, poste qui laissera, préférant devenir maire-adjoint du grand Jacques.
Député européen en 1984, puis député de Paris en battant Delanoë, le tout sous les couleurs du RPR. Commencera alors en 1986, une carrière ministérielle avec Balladur, carrière qui s’interrompra, dans un premier temps en 1988 avec le retour de la gauche au gouvernement, il devient alors numéro 2 du RPR.
Tout au service de son mentor Chirac et du " oui " à Maastricht, il verrouillera le parti de telle façon que Charles Pasqua aura le commentaire suivant: " L’appareil du RPR fonctionne désormais comme celui du parti communiste nord-coréen, le leadership éclairé de Kim Il-sung en moins ".

Sa carrière ministérielle reprend avec l'arrivée de Chirac au pouvoir, carrière qui s'interrompra à nouveau pour cause d'inéligibilité, de 14 mois de prison avec sursis et d'expatriation au Canada suite à l'affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris.

La suite de ses aventures nous est connue, elle est plus récente.
Ex-premier ministre, plusieurs fois ministre, adversaire de Sarkozy qu'il ne ménagera jamais, malgré sa promesse de ne pas quitter la mairie de Bordeaux conquise depuis, on le retrouve en 2016 candidat à la présidentielle lors des primaires de la droite et du centre, primaires qu'il perdra magistralement face à Fillon.
 Dès lors, et il le répétera de nombreuses fois, il déclare qu'il soutiendra Fillon et que rien ne doit diviser " sa famille politique"...
 Un soutien qui deviendra vite très tiède...

Grâce aux " affaires " Fillon, mais pas que, la droite perd l'élection qu'elle ne pouvait perdre et le pays se retrouve avec à sa tête un blanc-bec inconnu trois ans plus tôt du grand public: Le Macron.
 Et là, tout le jeu politicien qui régulait la vie politique depuis des lustres se dérègle, le PS est en plein naufrage, la droite surnage difficilement et En Marche devient La République...
Ne restait plus que les législatives à vivre et à venir pour voir à quel point Ali Juppé manquait de sérieux, de cohérence et de fidélités à ses supposées convictions et à sa famille politique.

Le 6 juin de cette année, Alain Juppé, à la surprise générale, décide de soutenir pour les législatives Aurore Bergé, girouette politicienne de droite s'il en est (un coup, elle soutient Fillon, un coup Sarkozy qu'elle dit admirer, puis Fillon à nouveau, puis Juppé lors de la primaire, puis Fillon) qui, avant même les résultats de la présidentielle connus, rejoint En Marche !
 Juppé décide donc de soutenir dans les Yvelines, une candidate parachutée qui non seulement n'est plus de sa famille politique mais qui de surcroît est opposée à Jean-Fréderic Poisson (qu'Aurore Bergé soutenait aux législatives de 2012), candidat du PCD soutenu officiellement par Les Républicains !

Chapeau, l'enflure !

Délibérément, dans les Yvelines, Juppé joue donc contre son camp (si tant est qu'il en ait un)

Mais la peut-être bien meilleure enflure d'entre nous, ne s'arrête pas là et va aujourd'hui nous démontrer à quel point il est tordu.
 Ce matin, et donc après avoir apporté hier son soutien à une candidate d'En Marche, il fait quoi notre Juppé ?
 Il décide d'apporter son soutien à... NKM !
 NKM dont le succès aux législatives semble de plus en plus illusoire opposée qu'elle est à un candidat d'En Marche et deux dissidents LR !

Et que disait hier Juppé pour justifier son soutien à Bergé ? Tenez:




Et que dit aujourd'hui Juppé pour justifier son soutien à NKM ? Tenez:

" De tout cœur avec toi chère Nathalie, tu portes la parole de la droite efficace [on se marre, ndlr], humaniste et ouverte [à tout vent, ndlr]. (...)
Il faut se battre pour qu'il n'y ait pas de parti unique, pour ne pas donner de chèque en blanc à La République en Marche !
Il ne faut pas se retrouver avec un gigantesque parti unique, sans racines, sans colonne vertébrale, sans véritable doctrine.
Il est très important que les députés de la droite soient nombreux pour faire un travail constructif dans l’intérêt général "

Si ça, c'est pas du foutage de gueule de première bourre, faudra m'expliquer !
 
 Et après ce sont ce genre de types qui s'étonneront du désintérêt des Français pour la politique, du succès de la pêche à la ligne les jours d'élections et... du triomphe annoncé de Macron le 7 mai dernier et du raz de marée de la République en Marche les 11 et 18 juin prochain !

Qu'il(s) dégage(nt) !
Que tous ces vieux dinosaures dégagent !
corto74

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